Le Massacre de Nankin

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NANKING

Iris Chang, dans le sous-titre de son ouvrage dédié au massacre de Nanking (The Rape of Nanking, 1997), désigne ce dernier comme l’Holocauste oublié de la seconde guerre mondiale. Cet événement mérite-t-il vraiment une telle appellation ? Voyons cela ensemble dans cet article.

La ville de Nanking tombe aux mains de l’armée japonaise le 13 décembre 1937. Après avoir été fuie par Tchang Kaï-Chek le 19 novembre, puis par toute l’administration du Guomindang, la ville comporte seulement entre 200 000 et 250 000 habitants lors du massacre. Dès la prise de la ville, l’armée japonaise s’applique à exécuter tous les soldats chinois, qu’ils tentent de se dissimuler dans des vêtements civils ou non, en appliquant cet adage : « Mieux vaut dix innocents morts qu’un ex-soldat en liberté ». L’un des journalistes du New York Times décrit dans l’un de ses articles les exécutions : des hommes alignés contre un mur et fusillés, puis des soldats japonais passant entre les cadavres pour achever ceux qui auraient survécu. Mais les soldats n’en furent pas les seules victimes : des massacres de grande ampleur, des meurtres individuels, des viols, des pillages et du vandalisme furent commis par les soldats japonais. Au cours de cette période de six ou sept semaines, des milliers de femmes furent violées, plus de 100 000 personnes furent tuées et d’innombrables biens furent volés et brûlés.

Les viols furent très fréquents durant le massacre de Nanking : on estime entre 10 et 30 le pourcentage des femmes de Nanking qui subirent des crimes sexuels. Quelques femmes furent violées à maintes reprises, dans des viols collectifs, les soldats opérant généralement en groupe. Une femme fut même violée à trente-sept reprises dans la journée, et le bébé de cinq mois d’une autre femme fut étouffé pour l’empêcher de gâcher de par ses pleurs le plaisir pris en violant sa mère. En effet, il arrivait parfois qu’on assassine les familles des jeunes femmes violées : les mères, les grands-mères, les maris essayant de protéger leurs filles, petites-filles, femmes des agression des soldats japonais. 83% des victimes féminines ont plus de 45 ans : gardiennes des maisons qu’on venait piller, protectrices de leurs filles qu’on tentait d’enlever, elles n’avaient aucune utilité pour l’armée japonaise qui ne leur accorda aucune pitié.

Les victimes collatérales de viols n’étaient pas les seules victimes civiles à avoir subi la folie meurtrière de l’armée japonaise. En effet, simplement refuser de se soumettre à un ordre de cette dernière pouvait aisément conduire à la mort Nankin subit donc de nombreux dégâts humains, mais également des dégâts matériels : 24% des 40 000 maisons et immeubles ont été détruits par le feu. Les habitations et les magasins furent pillés.

Une controverse a toujours lieu entre le Japon et la Chine concernant le nombre de morts. Alors que la Chine évalue le nombre de victimes à 300 000 et défend farouchement cette évaluation, les historiens japonais donnent un chiffre entre 40 000 et 200 000 morts, mais sans toutefois s’accorder sur la surface concernée par les statistique. Est-ce Nanking intramuros, ou bien cela concerne-t-il les zones adjacentes également ? La Chine et le Japon peinent à se mettre d’accord sur cet événement douloureux pour les chinois et honteux pour les japonais. Nous pouvons toutefois espérer que le temps arrangera les choses.

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