Le Yasukuni et la controverse

Japanese Prime Minister Shinzo Abe Visits Yasukuni ShrineSource : Huffington Post.

Avez-vous déjà entendu parler du Yasukuni ? C’est un sanctuaire shinto se situant à Tokyo. Loin d’être une destination touristique prisée, il est bien au contraire sujet de nombreuses controverses, notamment du point de vue chinois et coréen. Mais pourquoi le temple Yasukuni se trouve-t-il au centre de toutes ces polémiques ?

Tout d’abord, le Yasukuni, qu’est-ce que c’est exactement ? Ce sanctuaire fut érigé à Tokyo en 1869, la seconde année de l’ère Meiji, sous ordre de l’empereur. Il choisit lui-même le nom de Yasukuni, 靖国, dont les caractères signifient respectivement « paisible » et « pays », souhaitant donc la paix pour sa nation. Il déclare en effet que tout individu qui défendra la paix japonaise en se battant et en mourant au nom de l’empereur sera honoré dans ce lieu. Selon le site officiel en anglais du temple Yasukuni, ses mots furent les suivants : « I assure those of you who fought an died for your country that your names will live forever at this shrine in Musashino. » Les noms de ceux qui meurent pour leur pays le Japon vivront donc pour toujours au Yasukuni. A ce jour, plus de 2 466 000 « divinités » (les individus honorés par le sanctuaire deviennent des divinités) sont honorés par le Yasukuni, tous morts dans diverses guerres menées par le Japon.

Mais justement, ces honneurs posent quelques problèmes. En effet, parmi ces 2 466 000 individus, certains avaient été condamnés pour crime contre l’humanité, et pourtant continuent d’être honotés dans ce sanctuaire. Après les excuses du Japon sur certains événements dont furent victimes ses pays voisins (comme le massacre de Nankin ou l’esclavage sexuel subi par les femmes de réconfort par exemple), honorer les personnes les ayant perpétrés est vu comme un manque d’honnêteté. De plus, il arrive que des membres du gouvernement japonais s’y rendent, ce qui est vu d’un très mauvais oeil par la Chine et la Corée du Sud. Peu après la visite d’Abe Shinzo, premier ministre japonais, au Yasukuni, Park Geun-hye, la présidente coréenne de l’époque, avant réagi en refusant tout sommet tant que le Japon ne décidait pas de se pencher sincèrement sur son passé. Le ministère chinois des affaires étrangères avait également qualifié cette visite « d’acte absolument inacceptable pour le peuple chinois » et dont le Japon « devra assumer les conséquences ». (Source : Le Monde).

En tout 1068 individus honorés au sanctuaire Yasukuni ont été condamnés pour crimes de guerre, dont 14 pour des crimes majeurs. Parmi eux, entre autres, le général Matsui qui fut nommé responsable pour le massacre de Nankin, puisqu’il ordonna l’avance sur cette ville chinoise, et fut condamné à mort et exécuté pour ses crimes en décembre 1948. Mais bien d’autres criminels de classe A sont également honorés au sanctuaire Yasukuni encore aujourd’hui, que ce soit Hideki Tojo, considéré comme responsable de l’attaque de Pearl Harbor, ou encore Kenji Doihara qui utilisa entre des gangs rivaux, le trafic de l’opium et usa de la corruption pour mener la guerre en Chine, pour n’en citer que quelques uns.

Mais le sanctuaire Yasukuni n’est pas le seul lieu qui semble poser problème. Le véritable problème pourrait éventuellement être le Yûshûkan. Attenant au Yasukuni, le Yûshûkan est un musée militaire dédié à la guerre, rendant également hommage aux individus morts pour l’empereur. Ce qui pose problème au sujet de ce musée, c’est sa volonté de modifier ou d’oublier certains événements perpétrés par l’armée japonaise. Par exemple, du point de vue du Yûshûkan, le Japon fut « forcé » d’entrer en guerre lors de la seconde guerre mondiale, puisque les puissances occidentales colonisaient l’Asie et empêchaient le Japon d’accéder à des produits dont ils avaient besoin. Un film de propagande est même diffusé au musée et qui affirme que les soldates japonais avançaient en Chine en tendant du riz aux enfants orphelins affamés.

Tout cela pose problème du point de vue de la Corée du Sud et de la Chine ; le Japon présenta ses excuses pour les événements perpétrés, certes, mais n’est-ce pas de l’hypocrisie que de dissimuler ces derniers et d’honorer les responsables ?

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Alice dit :

    Très intéressant! Il est vrai que ce temple soulève de vraiment problèmes d’éthique et de morale. Chaque pays qui avance ses arguments, souvent largement influencés par l’émotivité face à la dureté des événements et les vies humaines impliquées dans ce conflit.
    Je ne sais même pas moi-même si j’irai visiter ce temple si on m’en donnait l’occasion. Sujet très complexe…
    Merci de partager cet article! Je ne connaissais pas du tout ce temple, merci pour cette découverte 🙂

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    1. Cloudy dit :

      Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je suis tout à fait d’accord avec toi 🙂 Je ne sais pas non plus si j’irais le visiter. Je ne suis pas d’accord avec la politique du Japon d’ignorer ses erreurs passées mais j’aimerais également voir de mes propres yeux l’étendue du problème…

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