Les femmes dans le monde du travail au Japon

JapanTimes

Source : Japan Times.

Nous n’en avons généralement pas cette image à l’international, pourtant la place des femmes au Japon n’est pas vraiment enviable. Bien qu’elles aient officiellement obtenu des droits égaux à ceux des hommes suite à la seconde guerre mondiale, ce n’est officieusement pas complètement acquis, et de nombreux écarts subsistent : par exemple, le salaire d’une femme japonaise est en général 27% inférieur à celui d’un homme pour le même poste. Mais la différence salariale n’est pas le seul obstacle que doivent affronter les femmes Japonaises, particulièrement dans le monde du travail, et c’est ce que nous verrons dans cet article.

Là où la France se place à la 16ème place du Global Gender Gap Report sur les 144 pays répertoriés, le Japon, lui, se place à la 105ème place. La différence est donc grande, et le pays du soleil levant a beaucoup de progrès à faire. Le problème n’est pas vraiment que le Japon n’évolue pas par rapport à la place des femmes dans son pays, mais plutôt qu’il évolue beaucoup plus lentement que les autres états représentés dans le classement du Global Gender Gap Report. De nombreux facteurs entrent en jeu dans cette évaluation : les différences entre les hommes et les femmes au niveau de la santé, de l’éducation, de l’économie et de la politique sont répertoriées dans ce rapport. Le Japon n’en sort pas grand vainqueur, loin de là.

Un premier problème : au Japon, il est mal vu qu’une femme continue de travailler alors que son ou ses enfants sont encore jeunes. Cela est interprété comme un manque d’instinct maternel, et les baby-sitter et autres sont très peu répandues au Japon pour cette raison, d’autant que les places en crèche sont extrêmement limitées. La plupart des femmes japonaises quittent donc leur emploi après la naissance de leur premier enfant ; il est même possible qu’elles y soient fortement incitées par leurs collègues et leurs employeurs, parfois allant même jusqu’à certains extrêmes, que l’on qualifie de « Maternity Harassment » en anglais.

Il existe encore une certaine discrimination à l’emploi, et on retrouve une grande différence entre le nombre d’hommes employés à des postes à responsabilités tels que ceux de cadres de grandes entreprises et celui des femmes occupant le même poste. Par exemple, sur ses 68 501 employés, Toyota emploie seulement 10,8% de femmes. Et sur ses 9 343 cadres, moins d’1% de femmes (Source : Le Point). Ce sont des chiffres alarmants, et habituels pour les entreprises japonaises, qui discriminent également à l’embauche : puisqu’une femme préférera en principe rester auprès de sa famille, il sera difficile de la muter ou de lui donner un trop grand nombre d’heures de travail ; par conséquent, on préférera embaucher des hommes, qui ont une plus grande liberté puisque ces derniers n’ont pas le devoir de materner les enfants ou de tenir la maison.

Pourtant, des mesures sont mises en place : en 2012, Shinzo Abe, le Premier Ministre Japonais, annonce vouloir se concentrer sur « Womenomics », dont le principe était de réduire la différence entre les sexes de par de nombreux facteurs : ouverture de garderies, promotion de la place des femmes au gouvernement, une révision du système de sécurité sociale, etc. L’un des objectifs principaux de la mesure « Womenomics » serait d’employer 30% de femmes dans des postes à responsabilité d’ici 2020, cependant cet objectif a été grandement revu à la baisse et vise maintenant les 15% pour les entreprises privées et les 7% pour les postes liés au gouvernement.

Le succès de ces mesures est donc parfaitement discutable, d’autant que même le cabinet ministériel de Shinzo Abe, qui a pourtant lancé ces Womenomics, est composé de 24 personnes, dont seulement deux femmes, dernier exemple d’une société qui se veut faire des efforts en matière d’égalité, mais qui piétine inlassablement. Il semblerait donc que les différences faites entre les hommes japonais et leurs compatriotes féminines ne diminueront pas de sitôt au pays du soleil levant.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. yasmine D. dit :

    Je vois toujours le Japon comme un pays hyper développé. Des habitants ultra civilisés. Ce que j’aimerais qu’on soit en France. Et puis quand on met de côté le tourisme et qu’on s’intéresse à la vie de la population c’est fou de voir qu’au final c’est partout pareil voir même pire. La politique reste de la politique, peu importe où.

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  2. Cloudy dit :

    En effet, certains points de la société japonaise semblent tout à fait enviables (la propreté des rues, la politesse des gens, etc.) mais sur d’autres aspects la France est plus évoluée (entre autres sur le sexisme, justement). Chaque pays a ses bons et ses mauvais côtés, et c’est important de les identifier avant de se faire un avis sur leur société.

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  3. J’ai pu constater lors de mes deux voyages au Japon que la situation des femmes n’est effectivement pas très enviable . J’ai surtout constaté que les couples,sortent peu ensemble. Dans,les restaurants on voit souvent les hommes en groupe et les femmes entre copines au salo de thé ! Espérons que les choses changent rapidement .

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